Balat inhoudstafel Dictionnaire des peintres belges

Biographie d'artiste


DEFRANCE, Léonard

Liège, 1735 - 1805
Peintre de scènes de genre et de portraits. Après avoir été, à Liège, élève de J.B. Coclers, Defrance séjourne à Rome entre 1755 et 1760 où il est l'hôte de la fondation Darchis. Dans la ville éternelle, il collabore avec le peintre L. Pécheux (Lyon, 1729 - Turin, 1821) et rencontre Fragonard. Au retour, il s'arrête quelques temps à Montpellier puis à Toulouse (1761). Durant cette période, il peint surtout des portraits. Rentré à Liège en 1763, il se consacre à la peinture décorative et aux portraits. En 1773, il voyage en Hollande avec N.H. de Fassin et découvre les petits maîtres flamands et hollandais dont il subira désormais l'influence. Le prince-évêque de Liège François-Charles de Velbruck, avec qui il entretient de bonnes relations, le nomme professeur puis directeur de l'académie de peinture, sculpture et architecture (1778). Durant toute sa carrière, le Liégeois se rend régulièrement à Paris où il expose (Salons de la Correspondance de 1786 et 1787 et Salons révolutionnaires de 1791 et 1793); sa production intéresse les collectionneurs français. En août 1789, il adhère à la révolution liégeoise qui débute. Appelé à remplir diverses fonctions officielles, il participera à la démolition de la cathédrale Saint-Lambert. A cette époque, son activité picturale diminue. En 1797, il devient professeur à l'école centrale du département de l'Ourthe et consacre une partie de son temps à écrire ses "Mémoires".La qualité de ses nombreux portraits est extrêmement variable. Certains comme le "Portrait présumé de l'abbé Neuray" (Bruxelles, M.R.B.A.B.) dénote un remarquable don d'observation sans condescendance. Dans ses autoportraits, Defrance manie avec aisance le clair-obscur. Les peintures décoratives sont des œuvres de commande où l'artiste ne se sent pas particulièrement à l'aise, il le dit clairement dans ses "Mémoires". Les premières scènes de genre, "Joueurs de cartes, Intérieur d'auberge" restent inspirées par la peinture du XVIIe siècle. Ensuite sa palette s'éclaircit, la mise en page se personnalise, les sujets se diversifient et s'actualisent. On notera la belle qualité picturale et l'intérêt documentaire certain de la série des "Intérieur de manufacture". Defrance observe avec esprit la vie quotidienne dans "Le charlatan" ou "La danseuse de corde" (New York, Met.). Il laisse deviner ses options philosophiques et politiques dans la relation d'événements contemporains comme "La suppression des couvents" (coll. priv.), ce qui ne l'empêchera pas de choisir aussi des sujets à la mode inspirés de la littérature comme "Les oies de frère Philippe" (coll. priv.). Un grand nombre de dessins préparatoires à ses tableaux sont connus (Liège, cab. est.). Ils témoignent du souci de l'artiste d'étudier l'attitude de chaque personnage avec grand soin. Signalons encore que d'autres membres de la famille Defrance pratiquèrent le dessin : Dieudonné Perpète (Liège, 1751 - Ans, 1819) frère de Léonard, expose à la Société d'Emulation en 1783 et 1786; une de ses filles expose au même salon en 1783 et 1784.

Rédacteur
Pacco, Ma
Informations complémentaires
Collections, bibliographie,...

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